ALAIN CALLÈS JOURNAL

31 décembre.

Montreuil.
Les mots s’usent, l’écran vacille. Je quitte mes compagnons de bordée d’écriture et je vais me retrouver seul sur le quai, avec en bout de jetée, le phare qui ne clignote plus : le Journal s’installe au Musée de ma marine. La nuit sauvage devient sage.
En mer, en traversant la nuit, nous avons parfois échangé quelques lumières sémaphores d’un bateau à l’autre. Des sensations de notre monde marin, voiles au plus proche, vent debout, vent derrière, en filant sans empanner. L’étrave coupant quelques tranches de vie maritime. Parfois, j’ai mis en bouteilles à la mer quelques
Vers Du Soir avec les messages des uns et des autres. Des lecteurs m’ont suivi sur leurs radars informatiques. J’en connaissais certains. J’en ai découvert d’autres, veillant sur moi comme une bonne étoile, guidant mon cap. Leur patience m’épate, leur empathie est plus chaude qu’un coup de rhum quand il faut souquer contre le mauvais temps et les mots désobligeants.
J’ai laissé quelques illusions félines, drapées dans leur silhouette féminine, sur quelques îles où leur image s’est déchirée comme une voile sur des rochers que venait griffer la mer hurlante…
Il y eut des ports où des amitiés viriles ont duré le temps d’une bordée…
Échoués aux rives de l’année, tous ces mots partiront dans le crépitement d’un feu d’artifice et les pétillements des bulles de champagne. Je reste seul à quai.
Je recherche dans les pages du passé une annonce de vieux pessaire en cuir à vendre. Pour éviter l’affaissement de ma matière, pour empêcher les débris d’épave de tomber vers un néant que je n’aurais pas choisi. Je ne fais pas encore sous moi, mais cela suinte un peu malgré mes efforts de bonne convenance.
J’entends le glou-glou de l’année qui disparaît dans le gosier des assoiffés.
Autour de moi flotte une odeur tripale. Sur mes étagères repose l’agonie du temps tandis que s’assombrit un Paris à la folie au bout dégorgeant de quelques éclats de verre. J’aurais eu quelques printemps au ventre après avoir brûlé le silence dans un miroir aux lettres. Des lettres au plus proche du feu renaissent de leurs cendres dans un immense éclat de rire. Des dents grincent comme une porte de château aux vieilles charnières.
Des amis artistes m’ont proposé de poursuivre autrement la route, en embarquant mes futurs mots sur scène, caressés par la musique, réchauffés par les projecteurs ténébreux, malaxés par le chant d’amis pour leur envol éphémère à la rencontre d’éponges à l’âme sensible et attentive.
Entre éponges, on se comprendra bien, n’est-ce pas ?
Mes mots de 2015 seront encrés noirs sur odeur blanche, dès l’ouverture du Journal. L’éditeur Jacques Flament l’a prévu pour avril ou mai. Au temps des floraisons, le temps des coquelicots rebelles, fragiles, mais si tenaces :
ils auront beau couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas la venue du printemps, écrivis-je à propos de l’assassinat politique de trois militantes kurdes en plein Paris. Oui, les Kurdes, ces hommes et ces femmes qui luttent à visage découvert, mètre à mètre, contre l’intégrisme des uns et l’opportunisme des autres, pour conquérir leur liberté en Orient.
Demain, nous lèverons le soleil à l’ouest, là où les bavards ne l’attendent pas, là où les braillards sont sans voix.
Amis lecteurs de mon cahier sans marge, je vous salue.
À bientôt, de l’autre côté de la rive, après la marée noire, là où on a toujours dix-sept ans. Et les yeux verts.
Tous les ans, recommencer l’année en ayant dix-sept ans.
A l’an que vène, se sian pas mai que siam pas mes !

 

30 décembre.

Montreuil.
Depuis deux jours, je profite du soleil sur Paris pour prendre en photo différents lieux en vue d’une publication.
Ce midi, casqué, botté de cuir, engoncé dans mon blouson de motard, je sors mon appareil photo pour photographier le café de la Mairie de la Place Saint-Sulpice. C’est la place où se tient le marché de la poésie, mais le café m’intéresse car les mardis littéraires de Jean-Lou Guérin, auxquels il m’est arrivé de participer comme auteur, s’y tiennent chaque semaine . Georges Perec y écrivait dans la salle du 1er étage qui donne sur la place et où se déroulent ces mardis.
Installé à la terrasse intérieure où il discute avec une personne, Vincent Lindon semble agacé de me voir avec cet appareil photo en main, comme si j’allais le mitrailler. J’entre et je prends quelques clichés de la plaque murale, à l’image des plaques de rue parisienne, sur laquelle figure le nom G ORG S    P R C. Ceux qui ont posé cette plaque à la mémoire de Georges Perec font un clin d’œil malicieux à l’auteur de La disparition, roman dont la lettre « e » a été exclue. Je rassure Vincent Lindon sur mes intentions, je ne suis pas paparazzo. Puis nous échangeons sur Georges Perec et son roman lipogrammatique, avant que je disparaisse moi-même sur ma moto, comme un « e » pétaradant joyeusement de sa bonne farce.

28 décembre.

Montreuil.
Le silence troue le crépuscule. Les yeux plissés, le chat noir remonte face au Mistral, poils aplatis où rien ne s’accroche. Il n’a pas l’identité nationale.
Au bout de la cerise, il reste un éclat d’étoile fiché dans sa chair. Quelques réverbères éclairent sombrement la nouvelle vague, de l’autre côté des pages du livre, après le mot
fin. Vers la nuit des tempes.
La publication de ce journal va prendre fin. Ce sont ses derniers soubresauts électroniques. Je m’étais engagé à ne pas dépasser les 300 000 pulsations. L’engagement est tenu. Le journal reste sous la barre des 300 000 signes. Qu’en est-il du corps du rédacteur qui cent fois sur le métier a réallumé l’écran ?
Écrire. Sueur, peur, angoisse, rêves, plaisir, tendresse, mains tendues et sensations estompées d’une période maudite où les lettres, même celles au plus proche du feu, ne parviennent plus à leurs destinataires.
Encore écrire une parole bavée sur papier. Saoulée, glissée, volée, la mémoire s’échoue à la bouche d’un estuaire rétréci, sombre dans le regard encillé de l’enfant qui défouraille du Rimbaud à l’ombre des platanes sur la place du village. Découdre le clavier et libérer les lettres !
Libérez nos camarades!

Poètes, vos papiers 
!, clamait-il.
Je ne suis plus là où je m’attends. Tout cela pour rien.
Ma moto compose des arabesques et calligraphie le macadam qui sent la pisse et la sueur. Casque dégoulinant de rosée, je m’emporte loin de la contrée, vers des zones de marge. Mon ciel accouche du violacé sous le vent vaste, à l’horizon des cigales, au chant strident des sans-dents. Sans scrupules, les ambulances prennent le large des urgences. Un piano au bord de la falaise va chuter dans l’écume des mouettes. Vagues d’intimité, sirènes galbées pour adolescents somnambules, une onde de chaleur au bout de la main.
Le caillou a quitté la chaussure. Il s’enfonce lentement dans l’eau. À la surface, l’onde s’aplatit, mollement silencieuse.
Allez, hop là, la lune m’appelle, en touches noires ou d’ivoire.
Le compas me guide sur l’océan, à l’orient d’un temple souterrain gravé dans mon décor. Pour éviter le pire, le cristal d’une corde vocale au-dessus d’une poitrine de femme gonflée d’espérance. Sa tessiture allaite une constellation de villes brillant de mille scènes de théâtre.
Demain, nous lèverons le soleil à l’ouest, là où les bavards ne l’attendent pas, là où les braillards sont sans voix.
Amis lecteurs de mon cahier sans marge, je vous salue.
À bientôt, de l’autre côté de la rive, après la marée noire, là où on a toujours dix-sept ans. Et les yeux verts.

26 décembre.

Montreuil.
En début de mois, tous les politiques français étaient la main sur le cœur
promis juré je vous ai entendu. Plus rien ne sera comme avant.
Depuis quelques jours, le Président lui-même donne l’exemple du jeu politicien abject, qui n’a jamais cessé, où l’on peut renier ses valeurs pour faire un bon coup politicien afin de contrer son adversaire. Il n’hésite pas à reprendre une pratique de Pétain et à proclamer des citoyens à géométrie variable en fonction de leurs origines, des sous-citoyens par hérédité. Cela me paraît tellement grave dans le non-sens et l’absolue absence de morale politique, que la seule réponse possible me paraît être un immense éclat de rire. Et tourner le dos.
Pour rester dans le politique hilarant en cette période de clinquant festif, je me souviens d’un collègue élu, bon danseur au bal des hypocrites, qui me haïssait. Tout nous opposait. Gris terne, ce petit prof, agrippé à son stylo, pense que le summum de l’écriture était d’aplatir les mots, de supprimer l’écho qui existent en eux et de les faire entrer dans les boîtes carrées de la pensée conformiste qui ne bande plus depuis la nuit de son temps. Il prend les mots au pied de la lettre, sans le vertige des double sens ni la douce frénésie des sons et consonances qui rend la littérature magique. Cet idiot un pan cultivé (paon est trop fort pour un homme gris…), imbibé de sa jalousie vinaigre, m’en voulait, entre autres choses, d’avoir omis de le présenter au Président de la Halde. Lors de la cérémonie de réception du Président, il tournait autour de nous comme un toutou qui a reniflé une marchandise sucrée et cherche la main du Maître. Comme si une orientation sexuelle était une carte de visite, un fait d’armes contre les discriminations qui ferait de lui un grand Résistant digne d’être cité à l’ordre des penseurs. Ce n’était qu’un terne parmi d’autres ternes, un politicien godillant comme un autre vers les projecteurs, se collant à une personnalité pour bénéficier de son aura.
Tous ces prétendus intellectuels, ces notabliaux en mal de reflet et imprégnés d’autosuffisance culturelle, m’ont toujours épaté du fait qu’ils semblent réellement ignorer leur médiocrité. Il ne suffit pas d’avoir étudié ses classiques et d’être capable de les réciter pour combler la vacuité d’un être. Ce sont pourtant ces inutiles au progrès humain qui savent se mettre au cœur des articulations, réseauter et se rendre indispensables pour que le système de politiques creux et aspirateurs de paillettes survive. Ces petits ego à l’enveloppe gonflée comme celle de la grenouille de La Fontaine font rarement pschitt mais encombrent les couloirs de l’histoire dans notre société du spectacle. Ces êtres confinés dans l’immobile, ces domestiques des puissants, font perdurer notre vieux monde dont ils plâtrent inlassablement les fissures, les années succédant aux autres, tandis que dans le creux des vagues s’accumule l’énergie des tempêtes qui, je l’espère, les renverseront définitivement. Ces gens ignorent les tempêtes sous-marines ; mais méfions-nous, ces culs-de-jatte de l’histoire humaine, dans leur multiplicité, ont la souplesse des culbutos.
Les vitrines se sont éteintes et se préparent à un nouvel élan. La fin de l’année tousse avant sa répétition. Armons nos rêves, sabre au clair.

 

24 décembre.

Montreuil.
Dormir est inhumain, le miel dans la ruche a tourné,
broyé par les mandibules noires des fourmis.
Le monde se meurt tourné sur son cancer
baveux comme un religieux.
Il mousse à la commissure de sa sépulture,
écume du héros en décomposition.
Ce soir, j’ai envie de quitter l’île,
d’aller me noyer.
Sur le voyage, je m’injecterai directement l’alcool dans la carotide, celle que le chirurgien m’a ouverte.
Je lui ferai une béance d’où couleront mes rêves vers les fonds marins,
dans la musique de la nuit,
sous le piano des baisers.
Déchirer la mer et y plonger à tombeau ouvert,
à cœur ouvert.

22 décembre.

Montreuil.
Le voilier respire à pleines voiles, les bouts transpirent, le pont sue de la mer, les lèvres sèchent au sel. Cela donne raison à la vie. Même si j’arrive à l’âge où je sais, et je le sais depuis le ventre de ma mère, qu’il n’y a pas d’or au pied de l’arc-en-ciel. L’éphémère est poudre au vent ; là est la vie.
Prendre la mer. S’y engloutir.
Corps et biens.
Patricia Hue me dit qu’elle travaille à retranscrire ce qu’elle a spontanément créé en posant les doigts sur le clavier lors de la soirée de l’Union Pacifiste. Cela me subjugue de savoir que toute cette harmonie est en elle, suspendue dans son corps où elle peut la conserver suffisamment longtemps avant de la retranscrire. Quelle chance elle a de pouvoir fixer ce qui est volatil. Elle a tout cela au bout des doigts, en lien direct avec les tripes et elle parvient à le mémoriser pour le transcrire ultérieurement, plusieurs jours après.
Je n’ai pas cette capacité. Si je ne note pas les mots, ils s’envolent rapidement, laissant la place à une grande frustration. Mais, face au clavier, ils me viennent « naturellement », sortant par flots successifs du dialogue intérieur, tripes à doigts avec des pauses nuages…
Je sais l’impérieuse nécessité de coucher sur le clavier. Patricia a de la chance. Avec son piano, elle donne de l’harmonie sonore. Moi, la musique des mots, de leur enlacement, de leur entrechoquement, reste intérieure. Il n’y a que moi qui entend la force des mots telle celle du vent sur les rivages découpés de l’âme. J’ai hâte que nous travaillions ensemble mots et notes à la recherche d’une singulière harmonie.
Prendre la mer. S’y engloutir.
Corps et biens.

Le 21 décembre.

Montreuil.
Un officier ministériel m’a demandé ma profession. Il a accepté écrivain, qui entre dans sa nomenclature, mais il ne peut pas accepter poète. Cela me convient ; la poésie est une affaire de liberté sans concession à quoi que ce soit. Le poète doit entrer en collision avec toute nomenclature et tout appareil. Ses ailes ne peuvent pas être rognées et encagées sur une étagère. Un poète doit rester sans étiquette d’école.
Dans l’activité d’écrire, j’avance souvent déguisé car j’ai constaté, quand je publie de la poésie, que le mot poésie imprimé sur le livre détourne le public potentiel. Je me suis donc arrangé : maintenant, j’habille ma poésie de littérature et les gens viennent lire mes pages et caressent mes mots de leurs cils. C’est presque une affaire de séduction. L’essentiel reste que mes mots nourrissent l’imaginaire du lecteur, ouvrent des échos intérieurs.

Je rapproche cette démarche de celle concernant mon statut social pour lequel je ne me déclare jamais retraité. Ce serait m’exclure de la société, être en parallèle, voire en parasite, dans la case des inutiles. Écrivain me permet d’être moi parmi vous, d’être dans le groupe humain, avec mon activité clavier.

Le 19 décembre.

Montreuil.
La journée d’hier fut chargée, épaisse, intense. En allant signer un document avec lequel je desserrais mes mains sur des biens pour les donner à mes enfants, un homme dans le métro crie après les voix qu’il entend. Une voix caverneuse d’une folie d’outre-tombe ; les larmes de mon enfance me remontent au visage. Enfance tournée vers le futur, vieillesse qui desserre son étreinte, et la violence de ces mots qui sortent d’une gorge directement branchée sur un autre monde. Ne pas montrer mes larmes à cette diva du cinéma qui m’a salué en entrant dans le wagon et s’est assise sur la banquette d’à côté. La rame me transporte de la naissance à la mort en passant par la case folie. Hier, avec Didier Daeninckx, nous avons beaucoup parlé de la folie et de l’enfermement à propos de son livre Caché dans la maison des fous qui relate comment Paul Eluard, après le parachutage de son poème liberté sur le sol français par les Alliés durant la seconde guerre mondiale, fut planqué dans un hôpital psychiatrique dont Lucien Bonnafé, le directeur, était aussi un Résistant. Que de coïncidences.
Le soir, je vais à Belleville, dans l’imprimerie coopérative militante Expression pour la s
ortie en fête du livre Merci Cabu avec les amis de l’Union Pacifiste. Ce livre regroupe les dessins que Cabu a offerts à l’Union Pacifiste pour sa une durant plusieurs décennies. Mes potes de chansons et de musique sont là : Vania Adriens Sens, Aruna, Claude Gaisne, Marc Havet, Nathalie Solence… Odeurs d’encre et de papier enlacées. Les offsets, le massicot. L’odeur me ramène à mon adolescence et mon premier boulot chez Bordas. Déjà, l’imprimerie et l’écrit. Ici, partout sur les murs, des affiches rappellent joyeusement le passé et l’humour d’une période de combats. Cabu, Reiser, l’autogestion, la joie de vivre et d’être jeune.
Les gens se regroupent autour de l’orgue de Barbarie de Vania, puis chacun y va de ses chansons. Patricia se met au piano ; ses notes me portent. Elle se lève, s’assied à côté de moi et me dit qu’elle veut mettre mes textes en musique. Nous parlons de son disque, de la composition, de l’écriture, et du moment où l’on donne sa production à l’autre. Le déchirement, l’inachevé, l’accompli et le soulagement, la quiétude. Je prends son CD. Elle me demande d’écrire sur sa musique. Je lui dis que j’écrirai sous sa musique. Je me souviens d’une petite amie pianiste. J’aimais m’allonger sous son piano à queue pendant qu’elle répétait. Tout mon corps vibrait sous ses doigts et les courbes des sons.
La fête continue dans une ambiance chaleureuse, joyeuse. Je me sens bien, apaisé. Avant de partir, Patricia se remet au clavier. Elle joue en me regardant fixement dans les yeux, un sourire léger comme un nuage
habille son visage, ses longs doigts caressent le piano. Je pense à Satie, à sa petite chambrette où il n’a jamais reçu quelqu’un. Verrouillé avec pour toute protection une cape de notes sur sa misère. Patricia sourit, se lève, m’envoie un baiser et quitte la salle. Nous associerons bientôt nos notes et nos mots. Cabu aurait bien aimé cette soirée.
Plus tard dans la nuit, sur ma moto, j’ai envie de graver le mot liberté sur l’humide du pavé parisien. En passant à proximité du Mur des Fédérés, je lève un poing complice. Cette nuit, j’ai envie d’écumer la ville. Oui, Cabu aurait bien aimé cette soirée.

Le 16 décembre.

Montreuil.
J’ai vu un arbre avec des guirlandes d’enfants au bout de ses deux branches. Il avait le sourire ailleurs et ses cheveux frisés dessinaient des moutons dans le ciel. La tendresse de cet instituteur, grand enfant parmi des plus petits, m’émouvait à chaque fois que je le rencontrais dans la cour de l’école maternelle où j’emmenais ma fille. Des yeux ribouldingues de tendresse qui voyaient quelque chose au delà des murs gris de l’enfermement et du marronnier prisonnier et silencieux. Autour de cet homme seul, une danse farandole d’éclats de rires et de cris enfantins à la poursuite de leur Far West.
Moi qui assimile caserne et école comme les deux mamelles d’un État d’asservissement, il m’est ainsi arrivé, à la vue de tels enseignants, de ne pas avoir un resserrement du corps en entrant dans une cour d’école.

 

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