L'ÉDITION EN TOUTE INDÉPENDANCE

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« C’est un château habité d’ombres et de voix. On y entre en curieux, en volontaire. Rien n’oblige d’y demeurer, ni contrainte, ni gardes, ni portes verrouillées. On y entre libre, par curiosité ou à desseins, pour en définitive créer sa propre prison et en perdre la clé. » C’est tout le paradoxe de l’histoire Le personnage de cette nouvelle cherche une issue et comme dans un conte de Kafka il n’aura pas vu l’ennemi venir. Mais peut-être qu’il était déjà tapi en lui. Une inquiétude sourd tout au long de ce Monologue du voisin Kafka. Ce dernier, il ne faudra pas le chercher dans l’histoire. Il est là en embuscade, pour voir si Alain Hoareau, l’auteur, va comprendre qu’il faut toujours finir par tuer quelqu’un pour survivre. Quelqu’un de cher et qui même mort ne libère de rien. Avec Le Monologue du voisin Kafka, Alain Hoareau nous livre une nouvelle courte, haletante, aux aguets. La nuit rôde et dans son froissé surgissent le questionnement et ses drames intérieurs. »

Françoise Lefèvre... après 12 années de silence ! « (…) Écrire c’est donner son sang. J’ai enfin la liberté de mon âge. Aucun souci de plaire ou déplaire. Aucun regret, si ce n’est celui de mourir bientôt, de m’arracher à ceux que j’aime. Et pour certains de les laisser dans le désarroi. L’âge me donne une audace nouvelle. Le temps joue contre moi. Il n’y a plus d’issue. J’ose dire. J’ose faire. J’ose écrire. Surtout je suis libre. Non assujettie. Je ne suis à la botte d’aucun de ces éditeurs contrôlés par des actionnaires qui donnent leur avis sur les textes à publier. Dernières forces rassemblées avant l’ultime combat. C’est peut-être une façon de déjouer Alzheimer. Cette impression que ma mémoire se referme. Ses sentiers ne sont plus balisés. Je commence à perdre la mémoire immédiate. Je crois savoir pourquoi. (…) »

Tous, nous avons, à des degrés divers, été la proie d'une addiction, à moins d'avoir innée la sagesse des abstinents. Humains, tous humains, de temps à autre en l'avouant, souvent dans le déni ! Parfois elle touchait des produits ou pratiques sans réelle nocivité pour le corps ou l'esprit, parfois elle concernait des produits très préjudiciables à la santé physique ou mentale sur le court, moyen et long terme. La parole des "addicté.e.s" n'est pas absente (Andréas Becker, Elsa) mais elle est étayée par les regards pertinents de professionnels en addictologie, ce qui donne à ce livre (un pavé de 500 000 signes) une portée singulière sur l'approche de l'expression de ce qui ne peut se dire.

Peu nombreux sont les livres consacrés au cinéma de Bruno Dumont et nous espérons que celui-ci pourra contribuer pour sa part à mieux faire connaître son œuvre protéiforme et souvent polysémique. D’où l’intérêt aussi d’un ouvrage collectif mené ici par une dizaine de critiques et de chercheurs afin de tenter de mettre à jour le spectre irisé de son cinéma qui comporte certes des zones d’ombre, mais aussi des complémentarités lumineuses. Il est difficile de comprendre l’œuvre de Bruno Dumont tant elle paraît à la fois limpide et ténébreuse, oscillant sans cesse de la gravité, voire de l’horreur, au burlesque et parfois au surnaturel, notamment par la lévitation et la religion.